1. Une décennie en or pour les investisseurs
Ces dernières années, les marchés financiers ont offert des performances exceptionnelles à ceux qui ont su garder le cap. J’en suis le premier à en profiter et à constater que mon argent travaille plus dur que moi: mon PEA affiche un Taux de Rendement Interne (TRI) annuel de 13% depuis 2014. Celui de mon épouse, pourtant ouvert plus tardivement en 2020, affiche un TRI annuel de 15%.
Ces résultats ne sont pas des anomalies, ils reflètent la santé des indices mondiaux. À titre de comparaison, le MSCI World Net Total Return (dividendes réinvestis) affiche :
- Environ 11,5% de performance annualisée depuis 2014.
- Environ 12,2% de performance annualisée depuis 2020.
Exemple concret : Un investisseur qui aurait placé 100 000 € sur un ETF MSCI World au 1er janvier 2014 détiendrait aujourd’hui, en 2026, un capital d’environ 380 000 € sans avoir fourni le moindre effort, uniquement grâce à la capitalisation des rendements.
2. La bourse ne monte pas en ligne droite
Ce serait une erreur de penser que les rendements se maintiendront à ce niveau pour les 10 prochaines années. Une erreur humaine, qui considère que le futur proche ressemblera au passé. Une erreur qui ignore une vérité fondamentale : les marchés financiers sont cycliques. La hausse linéaire n’existe pas.
A cet égard le krach du Covid-19 en mars 2020 a été un cas d’école: une chute brutale de 30% suivie d’une reprise tout aussi brutale: l’année 2020 finissait en hausse de 7% et ceux qui ont investi dans le krach doublaient leur mise 4 ans. Ces secousses sont normales et font partie intégrante du paysage de l’investisseur de long terme, comme la neige en hiver.
Surtout, les baisses sont difficiles à prévoir. Dans les 12 mois précédant le krach covid, l’indice MSCI World avait progressé de plus de 20% ! La bourse alterne constamment entre des phases d’expansion (marché haussier ou bull market) et des phases de correction ou de récession (marché baissier ou bear market).
3. La hausse actuelle : les symptômes d’une bulle spéculative IA?
Face aux records successifs des indices, une question légitime doit se poser : sommes-nous dans une bulle spéculative IA? Plusieurs signaux d’alerte s’allument simultanément :
- Des valorisations excessives : Les multiples de capitalisation (comme le PER) de certaines entreprises technologiques atteignent des sommets historiques, déconnectés de leurs fondamentaux actuels.
- Des IPO de sociétés non rentables : L’engouement est tel que le marché spécule sur des promesses futures. L’attente autour des méga-introductions en bourse (IPO) de licornes comme SpaceX (valorisée à des centaines de milliards de dollars sur le marché secondaire malgré des besoins en capitaux colossaux pour ses infrastructures) ou d’acteurs de l’IA comme Anthropic montre que la rentabilité immédiate passe parfois au second plan derrière la « hype ».
- Un afflux massif et concentré vers l’IA : Une poignée de géants technologiques (les constructeurs de puces, les fournisseurs de cloud) captent la quasi-totalité des flux financiers mondiaux.
- L’euphorie des investisseurs : Le sentiment de marché bascule dans la peur de rater le coche (FOMO), un indicateur comportemental typique des fins de cycles haussiers.
4. Un remake de la bulle spéculative Internet des années 2000 ?
Si le décor ressemble aux années 1999-2000, la réalité économique est pourtant bien différente et ne permet pas d’affirmer que la bulle spéculative IA va éclater.
Contrairement à la bulle Dot-com où n’importe quelle startup sans chiffre d’affaires voyait son cours multiplié par dix en une journée, les leaders actuels de la tech et de l’IA sont des machines à cash ultra-rentables. Des entreprises comme Microsoft, Apple ou Nvidia génèrent des dizaines de milliards de dollars de flux de trésorerie réels. La hausse s’appuie, en grande partie, sur de vrais bénéfices, et non sur du vent.
Il est d’ailleurs risqué de parier contre le marché. Michael Burry, le trader star qui avait parié contre la crise des subprimes, a également parié sur l’éclatement de la bulle AI. Malheureusement pour lui, il a été contraint de fermer son fonds spéculatif Scion capital. Son commentaire est éloquent: « Mon estimation de la valeur des titres n’est pas, et n’a pas été depuis un certain temps, en phase avec les marchés ». C’est une réalité que connaissent bien les vieux routiers en bourse: les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez être solvable »
Deux précautions à observer dans le contexte actuel :
- Surveiller la situation : Rester informé sans céder à la panique ni à l’euphorie ambiante.
- Maîtriser son allocation d’actifs : C’est le moment idéal pour vérifier que votre exposition au risque correspond toujours à votre profil. Êtes-vous trop exposé à la technologie ? Disposez-vous d’une poche de liquidités ou d’actifs défensifs ?
Conclusion : Le krach est le meilleur ami de l’investisseur
Malgré les risques de correction, et parfois même grâce à eux, la bourse reste un excellent levier d’enrichissement à long terme. Pensez-y : si la bourse montait en ligne droite de façon prévisible, le risque serait nul. Si le risque était nul, tout le monde investirait, et les rendements s’effondreraient vers ceux du Livret A. La volatilité est le prix à payer pour obtenir de la performance. Les krachs créent les opportunités de demain en vous permettant d’acheter des entreprises de qualité à prix réduit.
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