La défiscalisation attire par sa promesse simple : réduire ses impôts. Mais choisir un dispositif sans méthode est l’une des erreurs les plus coûteuses que je rencontre chez mes clients.
1. Il n’existe pas de dispositif universel
Le bon dispositif de défiscalisation dépend de la situation de chacun. Pas seulement de sa fiscalité, mais aussi de ses objectifs, de son aversion au risque et de ses besoins de liquidité entre autres. Le choix doit avant tout s’envisager en fonction de l’impôt que l’on cherche réellement à réduire : impôt sur le revenu, droits de succession, IFI,… Pour mes clients, je recommande ainsi des solutions parfois totalement différentes d’un dossier à l’autre. Dans mon cas personnel, j’utilise activement le Plan Épargne Retraite (PER), dont j’ai détaillé la mécanique complète.
2. L’erreur classique : oublier la nature d’investissement du produit
Le piège le plus fréquent consiste à choisir un produit de défiscalisation en oubliant sa nature première : c’est un investissement. Or certains produits peuvent réduire vos impôts sans être pour autant de bons investissements. Dans ce cas, une analyse approfondie permet de déterminer s’il faut le conserver ou le céder. Un mauvais investissement vous coûte de l’argent. Cette somme pourrait en effet être placée de manière plus rentable ailleurs. Je rencontre régulièrement des clients ayant investi dans des dispositifs immobiliers défiscalisés vendus trop cher, avec une rentabilité finale décevante.
3. Le PER, un exemple concret de défiscalisation bien calibrée
Personnellement, j’utilise beaucoup le PER. Il fait parti de mon top 5 pour réduire ses impôts et des dispositifs dé défiscalisation à bien comprendre. Chaque euro investi me permet de déduire 30 % mon impôt sur le revenu, correspondant à ma tranche marginale d’imposition. Pour certains clients à tranche marginale plus élevée, cette déduction atteint 45 %. Mais attention : le PER n’est pertinent que si la tranche marginale d’imposition est suffisamment élevée (généralement à partir de 30 %), et il faut anticiper la fiscalité à la sortie, souvent moins favorable qu’un PEA ou une assurance-vie.
De plus il ne conviendra pas à quelqu’un qui a besoin d’une épargne liquide. Le PER est un produit tunnel et les sommes sont bloquées jusqu’à la retraite. Le choix du contrat compte également énormément : certains PER anciens cumulent 2 à 3 % de frais annuels, ce qui absorbe une grande partie de l’avantage fiscal. Enfin la performance d’un PER dépendra de l’allocation et de la qualité des fonds. Comme on dit en anglais: garbage in, garbage out. Si vous avez des mauvais fonds, le PER ne pourra pas capitaliser efficacement.
4. Une approche sur-mesure plutôt qu’un produit sur étagère
L’analyse patrimoniale globale de mes clients me permet d’identifier une solution véritablement personnalisée — pas un produit standard vendu à tous. Cette approche vise un double objectif : optimiser la fiscalité et s’assurer que le placement reste, avant tout, un bon investissement.
Pour allez plus loin, je vous encourage à consulter les mises en garde de l’AMF sur les produits de défiscalisation.
Conclusion
La défiscalisation n’a de sens que rattachée à une stratégie patrimoniale globale. Un produit fiscalement avantageux mais financièrement médiocre reste, in fine, une mauvaise décision.
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