Préparer la retraite de son enfant dès 18 ans avec le PER Enfant Majeur

Peu de parents le savent, il est possible de verser sur le PER de son enfant majeur. Même lorsqu’il reste rattaché à votre foyer fiscal. Et de déduire ces versements de votre propre revenu imposable. Ce dispositif, encore trop méconnu, combine à la fois optimisation fiscale immédiate et préparation de la retraite sur un horizon exceptionnellement long. Et ce dans un contexte de déficit croissant du système des retraites.

1. Comprendre le mécanisme : une déduction fiscale pour les parents

Lorsque l’enfant majeur est rattaché au foyer fiscal de ses parents, ce sont bien ces derniers qui peuvent déduire les versements effectués sur le PER de l’enfant majeur de leur propre revenu imposable. Or ce point est essentiel. Car il ne s’agit pas d’un avantage fiscal réservé à l’enfant, dont les revenus sont souvent trop faibles pour en tirer un réel bénéfice. Mais d’un levier directement activable par les parents, dans la limite du plafond de déduction disponible.

L’ouverture d’un PER est possible dès que votre enfant à 18 ans. Les versements peuvent commencer dès l’ouverture en respectant les plafonds applicables. En général, 10% du PASS soit 4,710€ en 2026. Ces plafonds sont rarement indiqués sur votre feuille d’impôt. Mais ils existent bel et bien. Un simple email auprès de votre centre des impôts pourra vous le confirmer

Comme pour les autres PER, il est possible d’utiliser les plafonds non utilisés des années précédentes. Dans une limite de 3 ans puis 5 ans pour les sommes versées à partir de 2026.

Par exemple, j’ai un client dont la fille a 24 ans en 2026 et est rattaché au foyer fiscal familial.
Elle peut verser non par 4,710€ mais 17,680€ en cumulant les plafonds antérieurs

• Plafond 2026 (revenus 2025) : 10 % du PASS 2025 (47 100 €) = 4 710 €
• Reliquat 2025 (revenus 2024) : 10 % du PASS 2024 (46 368 €) = 4 637 €
• Reliquat 2024 (revenus 2023) : 10 % du PASS 2023 (43 992 €) = 4 399 €
• Reliquat 2023 (revenus 2022) : 10 % du PASS 2022 (41 136 €) = 4 114 €

Les versements restent déductibles du foyer fiscal des parents tant que l’enfant en fait partie, avec une limite maximum de 25 ans s’il poursuit ses études.

2. Un cas concret : l’impact spectaculaire du temps long

Gardons l’exemple précédent d’un versement de 17 680 € sur un PER pour une personne de 24 ans. Sur un horizon de 40 ans, à un rendement moyen de 10 % par an, ce capital atteindrait 800,184 € avant impôts au moment de la retraite. Avec une allocation plus équilibrée et un rendement de 7 % par an, plus réaliste sur une aussi longue durée, le montant final serait de 264,748 €. Même avec un rendement prudent de 5 % par an, le capital atteindrait tout de même 124 467 € soit une multiplication par plus de 10 !

Bien sur, il faut tenir compte de l’inflation. Mais l‘effet d’enrichissement reste considérable. Ces trois scénarios illustrent une réalité simple. L’horizon de placement est, à long terme, un facteur au moins aussi déterminant que le rendement lui-même.

3. Quatre avantages qui se cumulent

Ce dispositif présente plusieurs bénéfices simultanés, rarement réunis dans un seul et même placement :

  • Initier une donation en douceur : verser sur le PER de son enfant revient à transmettre progressivement une partie de son patrimoine, sans les lourdeurs d’une donation classique.
  • Réduire ses propres impôts : la déduction s’applique au revenu imposable des parents, dans l’année du versement.
  • Investir sur un temps très long : à 18 ans, il reste environ 40 à 50 ans d’horizon de placement avant la retraite — un délai que très peu d’épargnants exploitent, même parmi les plus disciplinés.
  • Un déblocage possible pour l’achat de la résidence principale : comme pour tout PER, l’épargne peut être débloquée par anticipation pour financer l’achat de la résidence principale, offrant une flexibilité bienvenue à un âge où ce projet devient concret.

4. Mon expérience personnelle : anticiper dès le plus jeune âge

J’ai personnellement ouvert des PER pour mes enfants, à l’époque où il était encore possible d’ouvrir des PER mineurs. Je dois désormais attendre qu’ils atteignent leurs 18 ans pour reprendre les versements et bénéficier à nouveau de la déduction fiscale. En attendant, leur capital continue de générer des intérêts, preuve que même une interruption temporaire des versements n’empêche pas le temps de faire son œuvre.

Dans mon précédent article, je vous parlais de l’intérêt de préparer sa retraite à 40 ans. Et du déficit croissant du système des retraites. Je pense honnêtement que ce système ne peut être viable pour mes enfants. Il y aura un ajustement d’une façon ou d’une autre et il me parait prudent d’y parer.

Conclusion

Le PER de l’enfant majeur reste un outil sous-exploité, à la croisée de la fiscalité, de la transmission et de la préparation de la retraite. Sur un horizon de 40 à 50 ans, même des versements modestes peuvent produire un effet considérable — à condition de commencer tôt et de choisir une allocation cohérente avec cette durée.

Vous souhaitez étudier l’intérêt du PER pour votre enfant majeur ? Contactez-moi pour un premier échange sans engagement.

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Tanguy
Caradec
Animé par la passion, ma mission est d’aider le maximum de gens à mieux gérer leur patrimoine.

Depuis 2014, je partage mes connaissances sur l’investissement et les meilleurs produits du marché. Depuis 2025 je suis officiellement Conseiller en Gestion de Patrimoine, accrédité par l’AMF.
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